Dans un monde qui n'a certainement jamais été autant saturé de religieux et où les religions sont plus souvent dans la rubrique des faits divers tragiques que dans celle de l'élévation spirituelle, il est important de savoir d'où viennent ces traditions culturelles qui prétendent à l'universelle vérité.
Comprendre d'où nous venons doit nous permettre de choisir où nous voulons aller, dans quelle type de société nous voulons vivre et comment nous voulons inspirer nos choix.
Théologie pour les curieux, c'est un instant de réflexion, d'échange et de confrontations d'idées où les seules questions idiotes sont celles que l'on n'ose pas poser.
La parole y est entièrement libre et sans conformisme.
Animé par Roland Kauffmann, pasteur animateur du temple Saint-Étienne, Théologie pour les curieux est un outil pour se comprendre et comprendre le monde dans lequel nous vivons.
Pages
- Accueil
- L'association
- Pro-Fil à Mulhouse
- Les verrières
- Un vitrail par jour
- Liens
- Le temps qui passe
- Calendrier musical de l'Avent
- Notre Église
- Histoire protestante de Mulhouse
- La Médiathèque protestante
- Un regard protestant sur le cinéma
- Intelligence du monde ou conversation contemporaine
- 1523 – 2023
Affichage des articles dont le libellé est théologie pour les curieux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est théologie pour les curieux. Afficher tous les articles
Théologie pour les curieux - 29 avril 2017
L'un président de la Fédération protestante de France, l'autre a été rédacteur en chef du quotidien catholique La Croix; les deux sont réunis avec un Candide qui les fait réagir, rebondir sur les enjeux et les spécificités du protestantisme, catholicisme et de leur dialogue.
Le titre pourrait faire croire que presque plus rien ne sépare catholiques et protestant et qu'il ferait l'état des lieux de ce qui reste à résoudre pour parvenir à une parfaite unité. Au contraire, les deux auteurs se réjouissent de la différence irréductible qui existe et doit subsister entre deux systèmes de pensées qui ont chacun leur légitimité, leur cohérence et leur pertinence pour répondre à la grande diversité des quêtes de Dieu aujourd'hui.
Bayard, Montrouge, mars 2017, 274 p. 16,90€
Que Dieu puisse avoir besoin de sexualité et a fortiori de celle des hommes, il n'y a qu'un rabbin pour pouvoir oser dire et qui plus est une femme rabbin. Et pourtant, cette réédition de son essai paru en 2015 est savoureux tant la lecture des textes de la Genèse est renouvelée avec humour et intelligence au point que la chambre à coucher fait figure de nouvelle Genèse puisque dans la naissance de l'humain c'est Dieu lui-même qui advient.
En effet, le Dieu de la mystique juive n'a d'autre existence que dans l'humanité, il importe donc qu'elle se perpétue. Mais la naissance n'est pas seulement dans l'acte naturel, elle se continue dans la parentalité, dans la rencontre entre l'enfant et ses parents, miroirs l'un à l'autre de leur différence radicale, de leurs dépendances et de leurs responsabilités dissymétriques.
Le Livre de poche, 2017, (Grasset 2015), 192 pp., 6,90€
Yves Krumenacker est déjà l'auteur d'une biographie de Calvin, au-delà des légendes aux éditions Bayard, il livre ici une version plus accessible aux éditions Elippes qui visent à donner une compréhension fondamentales pour la culture générale du grand public cultivé.
Il expose les enjeux de la pensée de Calvin et surtout les conditions de son élaboration en revenant de manière très convaincante sur la formation humaniste de Jean Calvin. Surtout il évite parfaitement l'écueil de la prétendue théocratie de Calvin à Genève en racontant par le menu les difficultés qu'il a eu à faire valoir ses vues dans un premier temps.
Calvin se révèle ici obligé d'argumenter, d'expliquer, en bref de convaincre de la pertinence de ses choix et l'on voit à quel point il fonde son argumentation sur son analyse des textes bibliques et leur méditation.
ellipses, Paris, avril 2017, 500 p., 26e
Les musulmans sont souvent requis à s'opposer au fondamentalisme et à prendre position dans ce qu'il est convenu d'appeler le "pacte républicain". Abdelali Mamou, imam d'une mosquée d'Alfortville revendique une "contre-offensive" musulmane contre le radicalisme. Par une sorte d'antithèses systématique, "l'islam n'est pas le salafisme" "l'islam n'est pas le djihadisme", il présente un islam à ses yeux compatibles avec les sociétés sécularisées d'occident.
L'un des problèmes majeurs que l'on rencontre avec les responsables musulmans, c'est le principe de la dissimulation. L’imam d'Alfortville nous prêche-t-il ce qui nous plaît pour nous endormir ? et nous présenter un islam "compatible avec nos valeurs" ? L'on voudrait lui faire confiance mais les "mesures radicales" contre les radicaux ont le défaut d'être des privations de liberté pour tout le monde. Elles portent en elle le germe d'une société totalitaire opposée à notre histoire. Aussi longtemps que les musulmans ne pourront accepter les acquis des Lumières, leurs remèdes risquent d'être pire que le mal. Il faut cependant reconnaître l'intention d'Abdelali Mamoun mais le dilemne auquel il est confronté est soit de rester dans une logique musulmane traditionnelle, celle qui lui donne sa légitimité soir d'être en rupture avec elle ce qui lui enlèverait tout crédibilité envers les musulmans auxquels il s'adresse.
Éditions du Cerf, Paris, 2017, 226 p., 19€
Auteur à succès, Timothy Radcliffe est l'exemple de ses penseurs catholiques de bonne composition qui, à la manière anglo-saxonne rassure ses lecteurs en leur disant que tout va bien et que tout le monde est dans la même communion avec l'esprit.
Truffé d'anecdotes édifiantes, son ouvrage qui se veut une réponse à l'angoisse existentielle de notre époque troublée est à ranger dans le rayon du bien-être car finalement il n'y a plus d'impératif éthique mais seulement une acceptation de l'autre dans la différence de la destinée qui est la sienne. Une nouvelle manière d'affirmer la destinée irréductible telle que Dieu l'a voulu et donc d'enfermer l'individu dans son destin.
Éditions de Cerf, Paris, mars 2017, 212 p., 14€
La pépite du mois
"Ce que j'ai déclaré pur qui es-tu pour le déclarer impur ? ", par ce passage méconnu du livre des Actes, les premiers chrétiens ont été libérés des interdits de la Loi. Tout ce qui est de l'ordre de la création est à la disposition de l'homme sans qu'il soit nécessaire de sacraliser, de faire intervenir une dimension religieuses dans l'alimentation.
Mais, alors que tout devait être permis, les religieux ont rapidement codifié les modes alimentaires à telle enseigne que l'alimentation peut aujourd'hui être un marqueur de l'appartenance confessionnelle.
Massimo Montanari décrypte ses particularités révélatrices de la conception du monde de chaque croyant
Alma éditeur, Paris, mars 2017, Milan 2015, 296 p., 25€
Le titre pourrait faire croire que presque plus rien ne sépare catholiques et protestant et qu'il ferait l'état des lieux de ce qui reste à résoudre pour parvenir à une parfaite unité. Au contraire, les deux auteurs se réjouissent de la différence irréductible qui existe et doit subsister entre deux systèmes de pensées qui ont chacun leur légitimité, leur cohérence et leur pertinence pour répondre à la grande diversité des quêtes de Dieu aujourd'hui.
Bayard, Montrouge, mars 2017, 274 p. 16,90€
Que Dieu puisse avoir besoin de sexualité et a fortiori de celle des hommes, il n'y a qu'un rabbin pour pouvoir oser dire et qui plus est une femme rabbin. Et pourtant, cette réédition de son essai paru en 2015 est savoureux tant la lecture des textes de la Genèse est renouvelée avec humour et intelligence au point que la chambre à coucher fait figure de nouvelle Genèse puisque dans la naissance de l'humain c'est Dieu lui-même qui advient.
En effet, le Dieu de la mystique juive n'a d'autre existence que dans l'humanité, il importe donc qu'elle se perpétue. Mais la naissance n'est pas seulement dans l'acte naturel, elle se continue dans la parentalité, dans la rencontre entre l'enfant et ses parents, miroirs l'un à l'autre de leur différence radicale, de leurs dépendances et de leurs responsabilités dissymétriques.
Le Livre de poche, 2017, (Grasset 2015), 192 pp., 6,90€
Yves Krumenacker est déjà l'auteur d'une biographie de Calvin, au-delà des légendes aux éditions Bayard, il livre ici une version plus accessible aux éditions Elippes qui visent à donner une compréhension fondamentales pour la culture générale du grand public cultivé.
Il expose les enjeux de la pensée de Calvin et surtout les conditions de son élaboration en revenant de manière très convaincante sur la formation humaniste de Jean Calvin. Surtout il évite parfaitement l'écueil de la prétendue théocratie de Calvin à Genève en racontant par le menu les difficultés qu'il a eu à faire valoir ses vues dans un premier temps.
Calvin se révèle ici obligé d'argumenter, d'expliquer, en bref de convaincre de la pertinence de ses choix et l'on voit à quel point il fonde son argumentation sur son analyse des textes bibliques et leur méditation.
ellipses, Paris, avril 2017, 500 p., 26e
Les musulmans sont souvent requis à s'opposer au fondamentalisme et à prendre position dans ce qu'il est convenu d'appeler le "pacte républicain". Abdelali Mamou, imam d'une mosquée d'Alfortville revendique une "contre-offensive" musulmane contre le radicalisme. Par une sorte d'antithèses systématique, "l'islam n'est pas le salafisme" "l'islam n'est pas le djihadisme", il présente un islam à ses yeux compatibles avec les sociétés sécularisées d'occident.
L'un des problèmes majeurs que l'on rencontre avec les responsables musulmans, c'est le principe de la dissimulation. L’imam d'Alfortville nous prêche-t-il ce qui nous plaît pour nous endormir ? et nous présenter un islam "compatible avec nos valeurs" ? L'on voudrait lui faire confiance mais les "mesures radicales" contre les radicaux ont le défaut d'être des privations de liberté pour tout le monde. Elles portent en elle le germe d'une société totalitaire opposée à notre histoire. Aussi longtemps que les musulmans ne pourront accepter les acquis des Lumières, leurs remèdes risquent d'être pire que le mal. Il faut cependant reconnaître l'intention d'Abdelali Mamoun mais le dilemne auquel il est confronté est soit de rester dans une logique musulmane traditionnelle, celle qui lui donne sa légitimité soir d'être en rupture avec elle ce qui lui enlèverait tout crédibilité envers les musulmans auxquels il s'adresse.
Éditions du Cerf, Paris, 2017, 226 p., 19€
Auteur à succès, Timothy Radcliffe est l'exemple de ses penseurs catholiques de bonne composition qui, à la manière anglo-saxonne rassure ses lecteurs en leur disant que tout va bien et que tout le monde est dans la même communion avec l'esprit.
Truffé d'anecdotes édifiantes, son ouvrage qui se veut une réponse à l'angoisse existentielle de notre époque troublée est à ranger dans le rayon du bien-être car finalement il n'y a plus d'impératif éthique mais seulement une acceptation de l'autre dans la différence de la destinée qui est la sienne. Une nouvelle manière d'affirmer la destinée irréductible telle que Dieu l'a voulu et donc d'enfermer l'individu dans son destin.
Éditions de Cerf, Paris, mars 2017, 212 p., 14€
La pépite du mois
"Ce que j'ai déclaré pur qui es-tu pour le déclarer impur ? ", par ce passage méconnu du livre des Actes, les premiers chrétiens ont été libérés des interdits de la Loi. Tout ce qui est de l'ordre de la création est à la disposition de l'homme sans qu'il soit nécessaire de sacraliser, de faire intervenir une dimension religieuses dans l'alimentation.
Mais, alors que tout devait être permis, les religieux ont rapidement codifié les modes alimentaires à telle enseigne que l'alimentation peut aujourd'hui être un marqueur de l'appartenance confessionnelle.
Massimo Montanari décrypte ses particularités révélatrices de la conception du monde de chaque croyant
Alma éditeur, Paris, mars 2017, Milan 2015, 296 p., 25€
Théologie pour les curieux - 1er avril 2017
L'ouvrage événementSans conteste, la publication en français de l'ouvrage de référence sur la notion de guerre sainte dans un contexte chrétien fera date dans l'histoire des idées.
Publiée en 2015 à Philadelphie et fruit d'une quinzaine d'années de recherches sur l'idéologie religieuse qui est mobilisée pour justifier, "sanctifier", la guerre, cette étude remarquablement documentée explore les concepts de sacrifice, de pureté et de rédemption qui motivent ceux qui sont prêts à mourir et à tuer pour leur foi.
Des concepts difficiles à comprendre dans notre société "post-chrétienne" mais qui résonnent formidablement dans notre actualité. Il ne suffit pas de dire que le martyr jihadiste est fou, encore faut-il comprendre ce qui le motive, ce qui lui fait légitimer ses actes de terreurs et comprendre que nous avons les mêmes racines de violence et de terreur dans notre propre tradition religieuse. Et que nous l'ayons oublié ne change rien à l'affaire puisque la violence religieuse, même dans nos cultures est toujours prête à resurgir.
Un ouvrage indispensable pour comprendre notre époque.
Gallimard, Paris, février 2017, 560 pp., 36 €
À l'orée de sa mort en 2016, Malek Chebel, infatigable passeur de culture et défenseur d'un islam lumineux, au sens d'un islam des Lumières, s'est confiée à Fawzia Zouari, une journaliste tunisienne.Auteur d'une traduction en français du Coran, pourtant réputé intraduisible selon certains religieux, Malek Chebel s'est toujours attaché à l'interprétation et à la distance entre l'interprétation qui pouvait être fairt au VIIe siècle et celle qui devait être faite aujourd'hui.
À l'occasion de ce regard en arrière sur sa vie, ce sont les correspondances entre toutes les traditions religieuses qui nourrissent son espérance. Il ne voit plus que l'homme, en constante recherche de lui-même et de quelque chose qui le dépasse, que nous continuons d'appeler "Dieu" à défait de meilleur terme pour désigner la transcendance.
Desclée de Brouwer, Paris, mars 2017, 128 pp., 12.90€Romancier à succès, Alexis Jenni, accompagné de Nathalie Sarthou-Lajus, rédactrice en chef adjointe de la revue jésuite Études fait l'éloge de la vie communautaire dans le village monastique de Bose par un adepte de la pauvreté évangélique, Enzo Bianchi.
Ce qui frappe dans cette dimension de vie communautaire, c'est sa dimension temporaire, elle se veut résolument une étape dans la vie de ceux qui la rejoignent pour un temps et résolument ouverte sur le quotidien de ceux qui la visitent.
Les auteurs explorent tous les paradoxes qui font la vie de la communauté, une véritable recherche oecuménique tout en affirmant une véritable identité catholique, une recherche du silence à l'intérieur même de la parole lorsqu'elle se fait vivante, la pauvreté qui n'exclue pas la recherche de la beauté en toute chose, surtout celle de l'âme.
Une simplicité de vie à rechercher dans nos existences.
Albin Michel, Paris, mars 2017, 216 pp., 15€
Le procès fait actuellement aux musulmans, celui de ne pas vouloir s'intégrer et accepter les valeurs républicaines, a été fait aux juifs durant tout le XIXe siècle et jusque dans les années trente. Et la volonté assimilationniste dont les juifs ont eux-même fait preuve, allant jusqu'à abandonner la pratique religieuse, n'a en rien réduit l'antisémitisme. De même, il y a fort à parier qu'une renonciation à la pratique religieuse des musulmans ne ferait pas reculer la non acceptation dans l'islam est aujourd'hui l'objet dans la société française.Le dialogue entre deux intellectuels de haute volée permet de se rendre compte que le problème n'est pas l'islam, ni les musulmans, comme ce n'étaient alors pas les juifs. Le problème réside bien dans la République elle-même qui ne sait plus faire collectivité, "faire société" en développant l'idée même d'un destin partagé. Comment surmonter ces fractures identitaires ? Les auteurs cherchent les pistes.
Robert Laffont, Paris, 234 pp., 18.50€
Il est courant de définir les protestants comme refusant la moindre place à Marie. C'est confondre le refus du culte marial, la place reconnue à Marie dans une fonction d'intercession auprès du Père, avec la reconnaissance de la personne même de Marie et de la place qu'elle a tenu dans ce que l'on appelle "l'économie du salut".
Martin Luther dans ce commentaire du Magnificat, le texte de l'évangile, Luc 1, 46 ss., où Marie se reconnaît comme "humble servante de la volonté de Dieu, révèle le fond de sa pensée, qui n'est finalement pas tant théologique que spirituelle.
Le commentaire a été écrit dans une période difficile, commencé en novembre 1520 alors que Luther est menacé d'excommunication, il sera fini en septembre 1521 alors qu'il a pris sa décision de tenir ferme. Et c'est l'évolution de Martin Luther lui-même qui apparaît dans son commentaire, il est en train de se rendre compte que l'on change de monde et qu'au-delà des dogmes et des argumentations logiques, il y a l'humble expérience de l'Esprit qui a parlé à Marie et à Luther.
Nouvelle Cité, Paris, 1ère éd. 1987, octobre 2016, 168 pp. 15€
Les scientifiques ne voient pas le même monde que nous. Là où nous voyons des phénomènes, ils voient des forces et des principes, des théories et des mystères à éclaircir.
Jean Staune fait ici le point, dans cet ouvrage publié en 2007 et réédité en poche dans la série Pluriel, des récentes avancées dans les domaines de la physique quantique, de l'astro-physique, de la biologie, des sciences de la conscience et des mathématiques.
Si la science ne peut dire s'il existe un Dieu, elle ne peut non plus ni l'inférer comme hypothèse ni l'exclure. Dans la lignée d'un Trinh Xuan Thuan, Jean Staune milite pour un compréhension plus globale des réalités du monde qui peuvent être, à la manière quantique, soit spirituelles soit physiques, ce qui ne s'exclue en aucune manière.
Fayard/Pluriel, Paris, janvier 2017, 538 pp. 10€
Théologie pour les curieux - 11 mars 2017
Là où on s'attendrait à trouver un précis de dogmatique chrétienne, c'est à un chemin de méditation qu'invite Marie-Christine Bernard. Largement fondée sur une lecture biblique, elle renvoie au sens des mots, préférant ainsi "bonheur" à "amour", dans la mesure où le premier se réfère à un projet plutôt qu'à un sentiment. Le bonheur pouvant être différent en fonction du projet de vie. C'est d'ailleurs cela qu'est le christianisme pour l'auteur, un projet de vie dans lequel nous sommes invités à entrer dans l'espace de la rencontre.
Nulle aspérité dans cette présentation où finalement le risque est grand de tomber dans le manuel de direction spirituel permettant à chacun de "vivre sa vie" comme il l'entend mais sous le regard de Dieu. C'est bien plus un ouvrage de coaching qu'une théologie systématique où l'on peut regretter que "chrétien" signifie une fois de plus "catholique". Là est le piège, puisque la diversité est si forte dans l'Église catholique, qu'elle est la place où toutes les diversités peuvent se déployer, pourquoi faudrait-il une diversité de la foi en dehors d'elle ? et donc pourquoi d'autres confessions chrétiennes que la Romaine ?
Presses de la Renaissance, Paris, 2017, 1ère éd. 2009, 310 pp., 12.90€
À l'opposé du précédent, cet ouvrage ne répond pas à toutes les questions théologiques par la simple recherche du bonheur. Au contraire, sur une base a-théologique et pourtant ô combien théologique, il interroge et bouscule, les esprits de la bienpensance athée voire agnostique, tels que André Comte-Sponville ou Élisabeth Badinter, n'y manquerait plus que Michel Onfray dans ce grand ménage. Ne pas croire en Dieu ne veut pas dire ne pas avoir de spiritualité, ne pas se reconnaître dans les dieux des autres ne veut pas dire ne pas avoir une vision du monde et un certain rapport à la transcendance, considérée simplement comme ce qui est et qui nous dépasse. Nul besoin de dieux pour cela et nul besoin non plus de tous les brûler.
Se situant dans la lignée d'un Wittgenstein, Corcuff fait une œuvre profondément théologique dans la mesure où il s'inscrit dans une attente mais une attente sans idoles comme le demandait en son temps le théologique protestant Gabriel Vahanian dans son livre inédit en français "Wait without Idols".
Textuel, Paris, 2016, 96 pp. 12.90€
LE manuel nécessaire en cette année de célébration de la Réforme que cet atlas historique et théologique qui a l'intelligence de présenter le contexte, l'éclosion et le développement de la Réforme sans oublier ses adversaires.
Dans une perspective anglo-saxonne, il nous permet également de sortir du cadre français ou à la rigueur allemande qui prévaut parfois dans notre relecture de l'histoire. Les soixante courts chapitres sont l'objet d'une cartographie particulièrement lisible et attrayante ainsi que d'une présentation à la fois limpide et documentée.
Une véritable réussite
Excelsis, 2016, 160 pp., 25€
Il y a les "cafés philo", les "cafés histoires", ces ateliers grand public où l'on aborde des sujets ardus d'une manière simple et ouverte. C'est le concept de ce "Café Spinoza" que l'on doit à un véritable amoureux de la pensée de Spinoza et dont la gageure est de réunir un public hétérogène mais intéressé par Spinoza .
Il livre ici douze sujets travaillés au café et qui sont chacun une porte d'entrée dans le complexité spinoziste. Qu'il s'agisse de son rapport à la nature qu'on l'accuse souvent de confondre avec Dieu, ou avec la morale, relativisant le bien et le mal n'existant pas en soi ou encore du rapport de Nietzsche avec le penseur juif du XVIIe siècle, c'est une véritable mine pour les lecteurs de l'Éthique mais aussi pour ceux qui n'y connaissent rien.
Le Bord de L'eau, Lormont, 264 pp., 20€
Si le roman est la meilleure manière d'exprimer une théologie, ses questions, ses doutes et ses certitudes, ses errements et la part de chance qui lui permettent d'exister, il faut vraiment saluer le travail de Anne Soupa, bibliste et ancienne rédactrice en chef de la revue Biblia.
Elle nous offre le récit de ces jours décisifs qu'ont été la rencontre entre le 12 et le 15 octobre entre Luther et Cajétan, le cardinal envoyé par le pape pour l'amener à la conciliation. La forme romanesque permet de rendre à merveille la part de négociation et de stratégie chez l'un et l'autre des protagonistes tout en permettant d'expliquer les positions de chacun d'une manière remarquable de simplicité.
Salvator, Paris, 220 p., 20€
Nulle aspérité dans cette présentation où finalement le risque est grand de tomber dans le manuel de direction spirituel permettant à chacun de "vivre sa vie" comme il l'entend mais sous le regard de Dieu. C'est bien plus un ouvrage de coaching qu'une théologie systématique où l'on peut regretter que "chrétien" signifie une fois de plus "catholique". Là est le piège, puisque la diversité est si forte dans l'Église catholique, qu'elle est la place où toutes les diversités peuvent se déployer, pourquoi faudrait-il une diversité de la foi en dehors d'elle ? et donc pourquoi d'autres confessions chrétiennes que la Romaine ?
Presses de la Renaissance, Paris, 2017, 1ère éd. 2009, 310 pp., 12.90€
À l'opposé du précédent, cet ouvrage ne répond pas à toutes les questions théologiques par la simple recherche du bonheur. Au contraire, sur une base a-théologique et pourtant ô combien théologique, il interroge et bouscule, les esprits de la bienpensance athée voire agnostique, tels que André Comte-Sponville ou Élisabeth Badinter, n'y manquerait plus que Michel Onfray dans ce grand ménage. Ne pas croire en Dieu ne veut pas dire ne pas avoir de spiritualité, ne pas se reconnaître dans les dieux des autres ne veut pas dire ne pas avoir une vision du monde et un certain rapport à la transcendance, considérée simplement comme ce qui est et qui nous dépasse. Nul besoin de dieux pour cela et nul besoin non plus de tous les brûler.
Se situant dans la lignée d'un Wittgenstein, Corcuff fait une œuvre profondément théologique dans la mesure où il s'inscrit dans une attente mais une attente sans idoles comme le demandait en son temps le théologique protestant Gabriel Vahanian dans son livre inédit en français "Wait without Idols".
Textuel, Paris, 2016, 96 pp. 12.90€
LE manuel nécessaire en cette année de célébration de la Réforme que cet atlas historique et théologique qui a l'intelligence de présenter le contexte, l'éclosion et le développement de la Réforme sans oublier ses adversaires.
Dans une perspective anglo-saxonne, il nous permet également de sortir du cadre français ou à la rigueur allemande qui prévaut parfois dans notre relecture de l'histoire. Les soixante courts chapitres sont l'objet d'une cartographie particulièrement lisible et attrayante ainsi que d'une présentation à la fois limpide et documentée.
Une véritable réussite
Excelsis, 2016, 160 pp., 25€
Il y a les "cafés philo", les "cafés histoires", ces ateliers grand public où l'on aborde des sujets ardus d'une manière simple et ouverte. C'est le concept de ce "Café Spinoza" que l'on doit à un véritable amoureux de la pensée de Spinoza et dont la gageure est de réunir un public hétérogène mais intéressé par Spinoza .Il livre ici douze sujets travaillés au café et qui sont chacun une porte d'entrée dans le complexité spinoziste. Qu'il s'agisse de son rapport à la nature qu'on l'accuse souvent de confondre avec Dieu, ou avec la morale, relativisant le bien et le mal n'existant pas en soi ou encore du rapport de Nietzsche avec le penseur juif du XVIIe siècle, c'est une véritable mine pour les lecteurs de l'Éthique mais aussi pour ceux qui n'y connaissent rien.
Le Bord de L'eau, Lormont, 264 pp., 20€
Si le roman est la meilleure manière d'exprimer une théologie, ses questions, ses doutes et ses certitudes, ses errements et la part de chance qui lui permettent d'exister, il faut vraiment saluer le travail de Anne Soupa, bibliste et ancienne rédactrice en chef de la revue Biblia.Elle nous offre le récit de ces jours décisifs qu'ont été la rencontre entre le 12 et le 15 octobre entre Luther et Cajétan, le cardinal envoyé par le pape pour l'amener à la conciliation. La forme romanesque permet de rendre à merveille la part de négociation et de stratégie chez l'un et l'autre des protagonistes tout en permettant d'expliquer les positions de chacun d'une manière remarquable de simplicité.
Salvator, Paris, 220 p., 20€
Théologie pour les curieux - 25 février 2017
La Bible est avant tout le livre saint du judaïsme et il arrive qu'on l'oublie tant nous avons l'habitude des lectures chrétiennes ou modernes. Or elle a été écrite avec une profondeur historique et culturelle qui lui est propre et c'est toute la richesse de cet ouvrage de David Banon, ancien directeur du Département des études hébraïques et juives de l’Université de Strasbourg que de nous renvoyer à la "réserve de sens" que le texte contient à travers le Midrach.Le Midrach, c'est tout cet environnement culturel qui explique les termes et les articulations à l'intérieur d'un texte et recherche la dimension éthique contenue dans son interprétation à travers l'histoire. Un texte, fut-il biblique, ne dit rien qui soit forcément compréhensible par-delà l'obstacle des siècles, il ne parle que dans la mesure où on le fait parler et il n'est d'autre moyen d'y parvenir que de se poser toujours la question de l'altérité.
Le meilleur moyen de comprendre un texte biblique, selon Banon, c'est d'introduire "autrui" dans l'interprétation: "comment le texte me permet-il de faire droit à l'autre, à mon prochain ou à l'Autre dans mon existence concrète ici et maintenant ? " voilà bien la question auquel l'ouvrage apporte un éclairage stimulant.
Albin Michel, Paris, janvier 2017, 288 p., 22,90€
Les préjugés religieux voudraient que le protestantisme soit la "religion de la grâce" quand le catholicisme serait celle du "mérite". Or Isabelle Chareire, professeur à la faculté de théologie catholique de Lyon, replace la notion de "grâce" dans la perspective catholique du "don gratuit" qui s'inscrit dans la liberté de chacun par le biais de "médiations" dont la Loi est la première mais aussi l'Esprit et l'Incarnation.
C'est dans un constant aller-retour entre doctrine de l'Église et littérature qu'Isabelle Chareire défend l'idée que la liberté de répondre ou non à la grâce de Dieu est la première des libertés et que cette grâce n'est pas seulement un don mais un chemin qui nous transforme.
Bayard, Paris, 2016, 216 p., 21,90€
Pour mieux comprendre le monde auquel elle s'adresse, la théologie a besoin d'analyse sociologique et politique. Jacques Ellul fut l'un de ces penseurs au croisement de la théologie et de la sociologie, sans que dans son œuvre, l'un ou l'autre domaines ne se confondent mais se nourrissent réciproquement.La nouvelle réédition en poche de son ouvrage fondamental paru initialement en 1988 est l'occasion d'interroger le système technicien dans sa prétention globalisante, voire totalisante pour ne pas pas dire totalitaire. La technologie, lorsqu'elle se considère comme seule ou à tout le moins meilleure explication du monde et de ses causalités n'est alors rien de moins qu'une idole. Voilà bien une critique que la théologie peut aujourd'hui reprendre à son compte.
Fayard/Pluriel, Paris, février 2017, 766 p., 13€
Directeur de recherches au Collège des Bernardins à Paris, l'auteur nous offre une véritable initiation, c'est-à-dire une explication à destination de néophytes. Tout en partant du constat que l'islam est aujourd'hui en France un sujet ultra sensible, énigmatique et complexe, il nous introduit dans les diverses dimensions de ce qui est aujourd'hui devenu la deuxième religion en France.
Il n'élude aucune des questions que les non-musulmans se posent pour chercher à comprendre dans une attitude bienveillante. L'intérêt d'une présentation de l'islam par un auteur lui-même non musulman permet de dépassionner à tous les sens du terme et à faire de l'islam ce que sont toutes les religions, à savoir un objet d'études contradictoires et critiques.
Éditions du Cerf, 2017, 356 p., 24€
"Le christianisme continue la tradition juive", tel est l'esprit qui préside à ce recueil de textes et conférences que Paul Tillich, le grand théologien allemand, exilé en 1933 aux États-Unis, a consacrés à la question des relations entre christianisme et judaïsme et qiu sont publiés pour la première fois en français par les éditions Labor et Fides.Qu'un théologien allemand des années trente, opposé irréductiblement dès l'origine à l'idéologie nazie, luthérien de surcroît s'exprime sur la "question juive", sur les rapports entre la pensée juive et la pensée protestante à travers l’œuvre de Martin Buber ou la notion de "foi" dans les traditions juives et chrétiennes est profondément inspirant et manifeste bien à quel point judaïsme et christianisme sont liés et doivent parvenir à une intercompréhension réciproque.
Labor et Fides, Genève, 2017, 200 p., 20€
Théologie pour les curieux 4 février 2017
Au cœur de la théologie juive se trouve la notion de création de l'humain à l'image de Dieu. À telle enseigne que l'humain en devient un miroir de la réalité divine et le corps humain, l'espace en jeu dans l'exercice de la Loi. Qu'il s'agisse des règles de pureté, de l'éthique sexuelle ou de toute les formes de rapports que nous entretenons avec notre corps, c'est un concrétisation de la manière dont nous envisageons notre rapport avec la transcendance.
Dans cet ouvrage remarquable, parcourant les traditions du judaïsme ancien et moderne, Jean Baumgarten montre comment le véritable soin du corps est une image du soin que nous avons pour la création et pour notre relation avec le créateur, et que notre relation avec notre corps est donc foncièrement d'ordre spirituel.
Albin Michel, janvier 2017, 320 pp., 24€
"La foi, l'espérance et l'amour", les trois vertus fondamentales de l'évangile sont l'objet de ce livre stimulant du jeune professeur de l'université de Genève, spécialiste par ailleurs des théologiens dialectiques (Barth; Bultmann).
Il n'est pas anodin qu'elles aient été formalisées, non par Jésus lui-même mais par Paul dans son épître aux Corinthiens, car elles constituent le résumé fécond du message de l'évangile, son fondement et son horizon, les critères de son action et l'inspiration de son témoignage dans le monde contemporain.
Car c'est en prise avec ce monde, et nul autre que celui-ci, que doivent s'articuler la pratique et la prédication chrétienne pour relever les défis qui se posent aujourd'hui aux Églises et à nos sociétés. À un monde qui recherche l'amour mais se prive de foi et n'a plus d'espérance, les vertus théologales, rappellent qu'elles forment un tout.
Labor et Fides, Genève, 2016, 256 pp., 24€
Les religions sont un fait social, indépendamment de la croyance qui les sous-tend, elles existent et ont un impact non seulement sur le groupe social qui s'en réclame mais aussi sur l'ensemble de la société.
Et si à travers les siècles mais aussi aujourd'hui, religion rime avec obscurantisme, conservatisme politique, moral ou social, voire avec violence et fanatisme, François Euvé pose l'alternative réelle: toujours menacées de supporter la barbarie humaine dont toute religion est empreinte, les religions sont aussi un vecteur de transformation de l'humain vers ce qui lui est étranger, c'est à dire la fraternité.
Car la fraternité n'est pas naturelle à l'homme, plus habitué à craindre l'autre et donc à chercher à l'éliminer, elle est l'exigence posée justement par les religions ou les philosophies. Contre les groupes s'excluant les uns les autres, les religions ont la responsabilité d'entretenir l'idée d'une commune humanité, de donner un horizon spirituel à la fraternité.
Éditions de l'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2016, 160 pp., 15€
Ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire Réforme, Rémy Hebding a cette plume alerte qui permet de présenter les grands enjeux de la spiritualité de Martin Luther d'une manière à la fois très sérieuse et en prise directe avec les problématiques contemporaines.
Il montre ainsi comment, dans un monde moderne, obnubilé par ses propres mirages, où les superstitions, les fanatismes et les fondamentalismes qui confondent foi individuelle et identité collective, la pensée et l’œuvre de Luther sont d'une confondante actualité et utilité. Replaçant Luther dans son contexte, l'auteur montre comment, au-delà des formulations théologiques, la démarche du Réformateur est d'abord et avant tout une quête spirituelle vers la liberté de la foi.
Salvator, Paris, 192 pp., 18€
La question du "Jésus de l'histoire" est d'une permanente actualité depuis les travaux d'Ernest Renan et d'Albert Schweitzer aux 19e et 20e siècles. Elle continue à travers une très nombreuse littérature romanesque ou théologique.
L'ouvrage de Daniel Marguerat dans ce contexte est important pour faire le point de la question telle qu'elle se pose avec les derniers développements de l'étude des textes, notamment une relecture de l'évangile de Matthieu qui présente sans doute le Jésus le plus humain qui soit possible.
Ancien professeur de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne, l'auteur nous offre un ouvrage d'une grande rigueur scientifique qui introduit avec beaucoup de pédagogie dans la critique des sources mais aussi des méditations sur de grands passages de l'évangile, accessible à la fois aux spécialistes mais aussi aux simples curieux du message de l'évangile.
Labor et Fides, Bayard, Genève, Paris, 2016, 318 pp., 21.90€
Dans cet ouvrage remarquable, parcourant les traditions du judaïsme ancien et moderne, Jean Baumgarten montre comment le véritable soin du corps est une image du soin que nous avons pour la création et pour notre relation avec le créateur, et que notre relation avec notre corps est donc foncièrement d'ordre spirituel.
Albin Michel, janvier 2017, 320 pp., 24€
"La foi, l'espérance et l'amour", les trois vertus fondamentales de l'évangile sont l'objet de ce livre stimulant du jeune professeur de l'université de Genève, spécialiste par ailleurs des théologiens dialectiques (Barth; Bultmann).
Il n'est pas anodin qu'elles aient été formalisées, non par Jésus lui-même mais par Paul dans son épître aux Corinthiens, car elles constituent le résumé fécond du message de l'évangile, son fondement et son horizon, les critères de son action et l'inspiration de son témoignage dans le monde contemporain.
Car c'est en prise avec ce monde, et nul autre que celui-ci, que doivent s'articuler la pratique et la prédication chrétienne pour relever les défis qui se posent aujourd'hui aux Églises et à nos sociétés. À un monde qui recherche l'amour mais se prive de foi et n'a plus d'espérance, les vertus théologales, rappellent qu'elles forment un tout.
Labor et Fides, Genève, 2016, 256 pp., 24€
Les religions sont un fait social, indépendamment de la croyance qui les sous-tend, elles existent et ont un impact non seulement sur le groupe social qui s'en réclame mais aussi sur l'ensemble de la société.
Et si à travers les siècles mais aussi aujourd'hui, religion rime avec obscurantisme, conservatisme politique, moral ou social, voire avec violence et fanatisme, François Euvé pose l'alternative réelle: toujours menacées de supporter la barbarie humaine dont toute religion est empreinte, les religions sont aussi un vecteur de transformation de l'humain vers ce qui lui est étranger, c'est à dire la fraternité.
Car la fraternité n'est pas naturelle à l'homme, plus habitué à craindre l'autre et donc à chercher à l'éliminer, elle est l'exigence posée justement par les religions ou les philosophies. Contre les groupes s'excluant les uns les autres, les religions ont la responsabilité d'entretenir l'idée d'une commune humanité, de donner un horizon spirituel à la fraternité.
Éditions de l'Atelier, Ivry-sur-Seine, 2016, 160 pp., 15€
Ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire Réforme, Rémy Hebding a cette plume alerte qui permet de présenter les grands enjeux de la spiritualité de Martin Luther d'une manière à la fois très sérieuse et en prise directe avec les problématiques contemporaines.
Il montre ainsi comment, dans un monde moderne, obnubilé par ses propres mirages, où les superstitions, les fanatismes et les fondamentalismes qui confondent foi individuelle et identité collective, la pensée et l’œuvre de Luther sont d'une confondante actualité et utilité. Replaçant Luther dans son contexte, l'auteur montre comment, au-delà des formulations théologiques, la démarche du Réformateur est d'abord et avant tout une quête spirituelle vers la liberté de la foi.
Salvator, Paris, 192 pp., 18€
La question du "Jésus de l'histoire" est d'une permanente actualité depuis les travaux d'Ernest Renan et d'Albert Schweitzer aux 19e et 20e siècles. Elle continue à travers une très nombreuse littérature romanesque ou théologique.
L'ouvrage de Daniel Marguerat dans ce contexte est important pour faire le point de la question telle qu'elle se pose avec les derniers développements de l'étude des textes, notamment une relecture de l'évangile de Matthieu qui présente sans doute le Jésus le plus humain qui soit possible.
Ancien professeur de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne, l'auteur nous offre un ouvrage d'une grande rigueur scientifique qui introduit avec beaucoup de pédagogie dans la critique des sources mais aussi des méditations sur de grands passages de l'évangile, accessible à la fois aux spécialistes mais aussi aux simples curieux du message de l'évangile.
Labor et Fides, Bayard, Genève, Paris, 2016, 318 pp., 21.90€
Théologie pour les curieux 20 - 5 novembre 2016
Pour comprendre une œuvre littéraire, il faut en connaître les clés. À plus forte raison lorsqu'il s'agit d'une oeuvre à la fois si éloignée et si proche de notre culture que la Bible. Les contre-sens sont faciles, tant l'on pense connaître de quoi l'on parle.
C'est tout l'intérêt de ce mini "dictionnaire" de Thomas Römer, l'un de des plus grands spécialistes contemporains de l'histoire de la Bible que de nous donner en de très courtes notices, une compréhension de base des termes et des concepts.
Un ouvrage indispensable pour les curieux de théologie
Puf, Paris, octobre 2016, 128 pp., 9€
Dans le même esprit de compréhension simple de la grande diversité des religions à travers le monde, la collection "100 infographies" consacre un ouvrage aux religions.
Un panorama sociologique, politique et social des grandes traditions religieuses à travers le monde pour mieux en saisir les richesses et les différences mais aussi les perspectives d'évolution.
Les auteurs n'hésitent pas à présenter les réponses religieuses à des questions aussi simple que "Une religion peut-elle disparaître? " 'Qu'est ce que la foi ?", des uestions profondes ou de curiosité (on y apprend ainsi que la plus grand synagogue du monde est à New-York et qu'elle est 180 fois plus petite que le plus grand temple hindou...)
Éditions de la Martinière, Paris, septembre 2016, 162 pp., 21€
Ville sainte des trois monothéismes, Jérusalem suscite les passions depuis des siècles. Ville de paix et pourtant objet de toutes les rivalités depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours en passant par les croisades.
Sous la direction de Vincent Lemire, les auteurs historiens retracent l'histoire de cette ville tant surchargée de symboles qui lui sont extérieurs qu'on en oublie que c'est avant tout une métropole contemporaine où les cultures et les époques se croisent, s'affrontent, se toisent.
Une plongée passionnante dans la "ville du crépuscule" comme l'évoque son nom originel de "Ouroushalîm", fondation de Shalem qui est une divinité ancienne du crépuscule (selon Thomas Römer, voir plus haut).
L'histoire aide toujours à comprendre le présent.
Flammarion, Champs histoire, octobre 2016, 544 pp., 12€
Loin de seulement se "laver les mains" Ponce Pilate est un acteur important du drame du procès de Jésus. Représentant de l'autorité romaine, il ne voit aucun mal en ce prédicateur, peut-être un peu plus enflammé que les autres et pourtant, c'est lui qui va le livrer à la colère populaire et le condamner.
Se plaçant d'un point de vue historique et juridique, l'auteur, spécialiste italien du droit romain, montre l'entrelacement constant entre théologie et politique qui culmine dans ce dialogue entre Pilate et Jésus.
S'y rencontrent deux cultures que tout oppose, la raison d'État et la quête de vérité et d'absolu, en résumé un véritable condensé de philosophie politique telle qu'elle pouvait se comprendre dans les premiers temps de l'Église, lors de la rédaction des textes du procès.
Fayard, Paris, octobre 2016, 248 pp. 19€; édition originale, 2016
Poursuivant sa route entre théologie et méditation existentielle, Marion Muller-Colard fait l'éloge de cette qualité d'âme qu'est l’intranquillité.
À ne pas confondre avec l'inquiétude ou l'angoisse, l'intranquillité est pour elle une dimension centrale de l'attitude du croyant devant l'existence. Accepté d'être "dérangé" au sens d'avoir à se déplacer, à sortir de ses certitudes ou de ses doutes, tel est l'enjeu de ces existences, Jacob, Marie, Moïse dont la Bible nous raconte le rencontre toujours surprenante, dérangeante, avec Dieu.
À ce titre, l'Évangile est bien le "livre de l'intranquillité par excellence" à rebours de tous ceux qui voudraient en faire le ciment du conformisme religieux ou social.
À noter que l'écriture de cet ouvrage, paru en octobre 2016 est antérieur à Le Complexe d'Élie que nous avions présenté en avril dernier.
Bayard, Paris, octobre 2016, 112 pp. 14,90€
C'est tout l'intérêt de ce mini "dictionnaire" de Thomas Römer, l'un de des plus grands spécialistes contemporains de l'histoire de la Bible que de nous donner en de très courtes notices, une compréhension de base des termes et des concepts.
Un ouvrage indispensable pour les curieux de théologie
Puf, Paris, octobre 2016, 128 pp., 9€
Dans le même esprit de compréhension simple de la grande diversité des religions à travers le monde, la collection "100 infographies" consacre un ouvrage aux religions.
Un panorama sociologique, politique et social des grandes traditions religieuses à travers le monde pour mieux en saisir les richesses et les différences mais aussi les perspectives d'évolution.
Les auteurs n'hésitent pas à présenter les réponses religieuses à des questions aussi simple que "Une religion peut-elle disparaître? " 'Qu'est ce que la foi ?", des uestions profondes ou de curiosité (on y apprend ainsi que la plus grand synagogue du monde est à New-York et qu'elle est 180 fois plus petite que le plus grand temple hindou...)
Éditions de la Martinière, Paris, septembre 2016, 162 pp., 21€
Ville sainte des trois monothéismes, Jérusalem suscite les passions depuis des siècles. Ville de paix et pourtant objet de toutes les rivalités depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours en passant par les croisades.
Sous la direction de Vincent Lemire, les auteurs historiens retracent l'histoire de cette ville tant surchargée de symboles qui lui sont extérieurs qu'on en oublie que c'est avant tout une métropole contemporaine où les cultures et les époques se croisent, s'affrontent, se toisent.
Une plongée passionnante dans la "ville du crépuscule" comme l'évoque son nom originel de "Ouroushalîm", fondation de Shalem qui est une divinité ancienne du crépuscule (selon Thomas Römer, voir plus haut).
L'histoire aide toujours à comprendre le présent.
Flammarion, Champs histoire, octobre 2016, 544 pp., 12€
Loin de seulement se "laver les mains" Ponce Pilate est un acteur important du drame du procès de Jésus. Représentant de l'autorité romaine, il ne voit aucun mal en ce prédicateur, peut-être un peu plus enflammé que les autres et pourtant, c'est lui qui va le livrer à la colère populaire et le condamner.
Se plaçant d'un point de vue historique et juridique, l'auteur, spécialiste italien du droit romain, montre l'entrelacement constant entre théologie et politique qui culmine dans ce dialogue entre Pilate et Jésus.
S'y rencontrent deux cultures que tout oppose, la raison d'État et la quête de vérité et d'absolu, en résumé un véritable condensé de philosophie politique telle qu'elle pouvait se comprendre dans les premiers temps de l'Église, lors de la rédaction des textes du procès.
Fayard, Paris, octobre 2016, 248 pp. 19€; édition originale, 2016
Poursuivant sa route entre théologie et méditation existentielle, Marion Muller-Colard fait l'éloge de cette qualité d'âme qu'est l’intranquillité.
À ne pas confondre avec l'inquiétude ou l'angoisse, l'intranquillité est pour elle une dimension centrale de l'attitude du croyant devant l'existence. Accepté d'être "dérangé" au sens d'avoir à se déplacer, à sortir de ses certitudes ou de ses doutes, tel est l'enjeu de ces existences, Jacob, Marie, Moïse dont la Bible nous raconte le rencontre toujours surprenante, dérangeante, avec Dieu.
À ce titre, l'Évangile est bien le "livre de l'intranquillité par excellence" à rebours de tous ceux qui voudraient en faire le ciment du conformisme religieux ou social.
À noter que l'écriture de cet ouvrage, paru en octobre 2016 est antérieur à Le Complexe d'Élie que nous avions présenté en avril dernier.
Bayard, Paris, octobre 2016, 112 pp. 14,90€
Théologie pour les curieux
Les samedis 5/11; 12/11; 3/12 et 17/12
Sans inscription, on y vient quand on veux, une fois seulement ou parfois, à la demande.
Théologie pour les curieux 19 - 15 octobre 2016
Quoi qu'on en pense, l'Europe et la civilisation occidentale dans sa plus large compréhension ont deux origines: Athènes mais aussi Jérusalem. La rationalité grecque et l'invocation à l'Éternel ont connu une forme de synthèse dans le judéo-christianisme qui a forgé l'occident dans l'idée même d'une complémentarité et d'un dialogue entre l'humain et le divin.
Et c'est tout l'intérêt de cet ouvrage que de nous renvoyer à nos racines qui ne sont pas seulement chrétiennes mais aussi juives et de donner la parole aux penseurs juifs en tant que contributeurs à l'idéal occidental. Entre Moïse et Homère, il n'est pas nécessaire de choisir.
Fayard, Paris, septembre 2016, 252 pp., 20€
Un projet extraordinaire que cette nouvelle publication de la Bible. Il s'agit d'un projet graphique qui a l'ambition toute simple (!) de souligner les significations du texte par le jeu de l'illustration et de sa légende.
Chaque récit, ici les "fondateurs", ceux de l'Ancien Testament, est résumé en quelques planches. Une très belle manière d'entrer dans les textes pour aller plus loin par la suite.
Le projet est global en ce sens qu'il s'accompagne d'un site internet qui reprend "les grandes questions" qui font l'intérêt de nos rencontres de Théologie pour les curieux mais aussi une exposition et une pièce de théâtre.
Bayard, Paris, septembre 2016, 35 chapitres de l’Ancien Testament, 1500 illustrations, 528 pages. Couverture souple pantone métal. Prix de vente public : 29,90€
Également pleinement dans l'esprit de nos rencontres, un petit bréviaire sous la plume de l’aumônier général du Secours catholique.
Un bréviaire en ce sens qu'il s'agit de courtes méditations d'évangile issues de groupes de paroles auprès de SDF, migrants, mal logés, en bref de tous ceux que notre société laisse sur le bord du chemin mais qui trouvent en l'évangile une raison d'espérer.
C'est une belle manière de rendre la parole à ceux qui ne l'ont plus.
Éditions de l'Atelier, Paris, avril 2016, 144 pp., 10€
Nicolas Le Roux est le spécialiste de la période funeste des guerres de religions en France. Il est l'auteur de l'ouvrage de référence sur le sujet aux éditions Belin en 2009.
La publication d'un "Que sais-je?" est toujours l'occasion de faire le point sur une question, notamment lorsque celle-ci est nimbée de préconçus où il est facile de distinguer les bons et les mauvais. L'auteur ne tombe jamais dans le piège du jugement moral mais décrypte les grands enjeux politiques, économiques et sociaux de ces guerres civiles qui ont plongé la France dans la plus grande désolation.
Presses Universitaires de France, Paris, octobre 2016, 128 pp., 9€
On ne dira jamais assez à quel point Simone Weil est un penseur indispensable. Philosophe d'origine juive, convertie au catholicisme, elle se dévoue corps et âme à la cause ouvrière avant de rejoindre la France Libre à Londres dès 1940.
Ce véritable "testament spirituel" paru initialement en 1949 est la compilation par le père Joseph-Marie Perrin de lettres que Simone Weil lui avait adressées. Leur réédition est aujourd'hui particulièrement bienvenu avec le titre original puisqu'elle nous rappelle que Dieu n'est jamais acquis ni possédé mais que le Royaume de Dieu est toujours de l'ordre d'une attente, d'un avènement, tout entier projeté dans un avenir fait d'espérance. Celle qui portait Simone Weil, morte à 36 ans de la tuberculose.
Albin Michel, Spiritualité vivantes, septembre 2016, 270pp., 7.70€
Et c'est tout l'intérêt de cet ouvrage que de nous renvoyer à nos racines qui ne sont pas seulement chrétiennes mais aussi juives et de donner la parole aux penseurs juifs en tant que contributeurs à l'idéal occidental. Entre Moïse et Homère, il n'est pas nécessaire de choisir.
Fayard, Paris, septembre 2016, 252 pp., 20€
Un projet extraordinaire que cette nouvelle publication de la Bible. Il s'agit d'un projet graphique qui a l'ambition toute simple (!) de souligner les significations du texte par le jeu de l'illustration et de sa légende.
Chaque récit, ici les "fondateurs", ceux de l'Ancien Testament, est résumé en quelques planches. Une très belle manière d'entrer dans les textes pour aller plus loin par la suite.
Le projet est global en ce sens qu'il s'accompagne d'un site internet qui reprend "les grandes questions" qui font l'intérêt de nos rencontres de Théologie pour les curieux mais aussi une exposition et une pièce de théâtre.
Bayard, Paris, septembre 2016, 35 chapitres de l’Ancien Testament, 1500 illustrations, 528 pages. Couverture souple pantone métal. Prix de vente public : 29,90€
Également pleinement dans l'esprit de nos rencontres, un petit bréviaire sous la plume de l’aumônier général du Secours catholique.
Un bréviaire en ce sens qu'il s'agit de courtes méditations d'évangile issues de groupes de paroles auprès de SDF, migrants, mal logés, en bref de tous ceux que notre société laisse sur le bord du chemin mais qui trouvent en l'évangile une raison d'espérer.
C'est une belle manière de rendre la parole à ceux qui ne l'ont plus.
Éditions de l'Atelier, Paris, avril 2016, 144 pp., 10€
Nicolas Le Roux est le spécialiste de la période funeste des guerres de religions en France. Il est l'auteur de l'ouvrage de référence sur le sujet aux éditions Belin en 2009.
La publication d'un "Que sais-je?" est toujours l'occasion de faire le point sur une question, notamment lorsque celle-ci est nimbée de préconçus où il est facile de distinguer les bons et les mauvais. L'auteur ne tombe jamais dans le piège du jugement moral mais décrypte les grands enjeux politiques, économiques et sociaux de ces guerres civiles qui ont plongé la France dans la plus grande désolation.
Presses Universitaires de France, Paris, octobre 2016, 128 pp., 9€
On ne dira jamais assez à quel point Simone Weil est un penseur indispensable. Philosophe d'origine juive, convertie au catholicisme, elle se dévoue corps et âme à la cause ouvrière avant de rejoindre la France Libre à Londres dès 1940.
Ce véritable "testament spirituel" paru initialement en 1949 est la compilation par le père Joseph-Marie Perrin de lettres que Simone Weil lui avait adressées. Leur réédition est aujourd'hui particulièrement bienvenu avec le titre original puisqu'elle nous rappelle que Dieu n'est jamais acquis ni possédé mais que le Royaume de Dieu est toujours de l'ordre d'une attente, d'un avènement, tout entier projeté dans un avenir fait d'espérance. Celle qui portait Simone Weil, morte à 36 ans de la tuberculose.
Albin Michel, Spiritualité vivantes, septembre 2016, 270pp., 7.70€
Théologie pour les curieux 17 - 17 septembre 2016
Jésus est à l'honneur avec trois parutions récentes qui mêlent l'historiographie, la spiritualité, le roman ou encore le journalisme.C'est ainsi que Corrado Augias, journaliste et essayiste italien nous présente les dernières heures de la vie de Jésus comme une chronique judiciaire et journalistique. Imaginant des dialogues et des situations plausibles, il nous raconte l'actualité de manière extrêmement documentée et vivante.
C'est un Jésus très humain qui est présenté ici. L'on peut cependant regretter que les éditeurs aient utilisé le même tableau (Ecce Homo de Ciseri) que pour l'ouvrage de Armand Puig i Tarrech (cf. théologie pour les curieux 16)
Tallandier, Paris, septembre 2016 (ed. italienne 2015) 304 pp., 20€90.
Un Jésus très humain, c'est aussi le portrait qu'en fait le jésuite Bernard Sesboüé pour qui "si Jésus est Dieu, il fallait aussi qu'il soit vrai homme". C'est ainsi, d la vie quotidienne, les relations de Jésus avec les autres protagonistes des évangiles qui sont au centre de l'ouvrage et donnent la clé d'interprétation des paraboles ou encore des miracles.
Un ouvrage à la croisée de l'apologétique et du livre de spiritualité où l'homme Jésus se découvre dans sa fraternité avec chacun d'entre nous.
Salvator, Paris, septembre 2016, 202 pp. 19€50.
Une démarche similaire avec le Jésus de François Taillandier où le romancier, Grand prix du roman de l'Académie française avec Anielka nous emmène dans ses interrogations sur ce que l'on peut aujourd'hui savoir de l'homme et comment le récit de sa vie est parvenu jusqu'à nous.
Reprenant l'étymologie de termes grecs et en faisant l'histoire, l'auteur est à la fois critique envers une compréhension traditionnelle et ce que l'on peut encore en retenir pour notre temps. Dommage que l'aspect apparemment critique ne se fait qu'en référence avec la lecture pieusement catholique et ne fasse aucun cas des lectures protestantes qui depuis des siècles cherche à redonner la signification des termes grecs.
Perrin, Paris, août 2016, 240 pp., 17€
La laïcité est sans doute notre héritage commun, le ciment, pour ne pas dire la religiosité traditionnelle de la France. Elle est pourtant sans cesse à remettre sur le métier.
C'est notamment à l'école qu'elle se joue. Dans la relation entre les professeurs, les élèves et les parents. Qu'il s'agisse des contenus ou des manifestations d'appartenances religieuse, la laïcité doit être expliquée et appliquée sereinement.
Ou plutôt de manière "apaisée", c'est l'objet de cet ouvrage dirigé par Jean Baubérot dans une démarche interdisciplinaire. Sur la base d'expériences et d'analyses, à la fois sociologiques et pratiques, il s'agit bel et bien d'un manuel à l'usage de tous les usagers de l'école.
La Découverte, Paris, 238 p., 12€
La réédition en poche de l'ouvrage majeur d'Abdelwahab Meddeb, initiateur de l'émission Cultures d'Islam sur France Culture, disparu en 2014.
Déjà en 2009, il faisait le constat que "L'islam est malade" mais il faisait le pari qu'il avait la capacité de renouer le fil de l'histoire civilisatrice. Et que l'islam peut trouver sa place dans nos sociétés européennes sécularisées à la condition qu'il renonce clairement à toute référence à la sharî'a.
Nos sociétés sont démocratiques et fondées sur une forme d'élaboration de la loi hors de toute référence religieuse. Et les musulmans doivent être capables d'accepter cette forme de vie en société.
Le Seuil, Paris, Points, Essais, 2018 p., 7.80€
Théologie pour les curieux 16 - 3 septembre 2016
Au moment de la reprise de Théologie pour les curieux en ce début d'automne 2016, il nous faut revenir sur les évènements de l'été, marqué par les attentats du 14 juillet à Nice et à Saint-Étienne du Rouvray.
L'ouvrage de Crouzet et Le Gall a l'immense intérêt de revenir sur une période de notre histoire de France marquée par l'affrontement religieux entre catholiques et protestants. Une période largement méconnue dont les auteurs marquent à la fois les ressemblances et les profondes différences avec notre temps. Alors que la crainte d'une guerre civile se développe ils montrent à quels points les enjeux du XVIe siècle sont différents des nôtres car les guerres de religion sont alors plus une contestation interne de l'absolutisme politique et religieux qu'une remise en cause culturelle comme aujourd'hui. Catholiques et protestants en guerre partageaient néanmoins un même héritage culturel.
Un véritable antidote, tout en étant lucide sur nos réalités contemporaines, à la désespérance ambiante.
PUF, Paris, mai 2015, 104 pp., 12€
Toujours dans ce contexte d'affrontement sur une base religieuse et culturelle, l'ouvrage de Fethi Benslama permet de comprendre le fonctionnement intérieur de l'islamiste pour qui la mort n'est pas une crainte parce que la vie qu'il vit n'a de valeur qu'à la mesure de son obéissance aveugle à ce qui lui est dicté par l'appartenance à l'Oumma, réalité fantasmée dont les islamistes se revendiques.
C'est à la mesure des faiblesses, réelles ou supposées, de cette communauté des croyants, que se joue le désir de sacrifier son existence pour établir cette réalité. Puisque sa propre vie ne prend sa mesure que dans le sacrifice, la vie des autre, a fortiori des incroyants ou des faux musulmans, n'a aucun valeur, fut-ce celle des femmes et des enfants et plus largement des civils. Nous sommes alors tous des cibles, non parce que nous sommes déshumanisés mais parce que l'existence du jihadiste vaut par son sacrifice.
Connaître son adversaire de l'intérieur est nécessaire pour sortir de la sidération et réagir en connaissance de cause?
Le Seuil, Paris, mai 2016, 160 pp., 15€
Nous avions fini la saison passée sur la notion du diable, l'histoire de ses représentations et ses racines bibliques et manichéennes. La réédition du Dictionnaire du Diable de Roland Villeneuve, 1ère parution en 1998 vient nous éclairer sur l'apparition dans les cultures populaire de ce "côté obscur de la force" car il est évident que le Diable concentre l'antithèse même des attributs divins. C'est ainsi que, a contrario, se manifestent les premiers doutes quant à la réalité même de la chose. Montaigne étant l'un des premiers libres penseurs, osant doute de l'existence même du diable par sa fameuse critique de "la ligature de l'aiguillette", censée amollir les virilités. Il semble plus facile d'être indifférent à Dieu ou de douter de son existence. Car douter du diable, qui s'y risquerait ?
Omnibus, Paris, mars 2016, (1ère éd. 1998), 1088 pp., 26€
L'une des grandes forces du christianisme est d'avoir toujours critiqué de l'intérieur ses propres fondements. Les premières exégèses critiques ont été le fait de biblistes catholiques qui prétendaient démontrer que le sola scriptura des protestants n'était pas possible parce que la Bible était truffé d'erreurs, d'approximations et de contresens terminologiques. Ils entendaient ainsi réfuter la thèse de l'inspiration divine et restaurer la nécessité de l'autorité de l'Église dans l'interprétation.
Aujourd'hui que le catholicisme a renoué avec une forme de religion du livre, alant jusqu'à ritualiser à l'outrance le respect dû au texte, à la "parole d'évangile", il est sain qu'une critique interne au catholicisme renaisse. Mais il y a longtemps que les difficultés textuelles ont trouvé leur place dans la théologie. Mais l'intérêt de l'ouvrage réside surtout dans la remise en perspective des traductions catholiques fondées sur la bible latine, dite Vulgate.
Éditions Golias, Lyon, 240 pp., 16€
La préoccupation du Jésus de l'histoire est récurrente depuis le XIXe siècle. C'est avec la critique de Ernest Renan qu'apparaît vraiment la mise en doute de l'existence historique de Jésus et a notamment culminé avec Albert Schweitzer. Mais ce qui caractérise cette question, ce n'est autre que le doute sur l'historicité des récits des évangiles par recoupement avec les autres sources classiques qui nous renseignent sur l'histoire de la Palestine au premier siècle.
Pas de trace de doute dans cette "biographie historique" de Jésus menée par un prêtre pour qui, selon son propre aveu, "l'histoire est une aventure spirituelle" mais si Henri-Irénée Marrou, auteur de la citation, savait faire la part des choses entre les questions spirituelles et scientifiques, l'auteur de cette "somme" fait oeuvre apologétique, il veut prouver que si l'on ne peut parvenir au Jésus de l'histoire, il y a néanmoins pour l'auteur une vraisemblance aux récits évangéliques, avec une lecture de l'histoire où les protagonistes sont guidés par une volonté qui leur est extérieure.
Desclée de Brouwer, Paris, avril 2016, 840 pp. 22€
Bien plus argumenté et ô combien passionnant, l'ouvrage de l’exégète suisse Daniel Marguerat est aux antipodes même s'il prétend poursuivre le même objectif de "recherche du Jésus de l'histoire". Il s'agit en fait non pas tant de Jésus tel qu'il a pu exister mais de Jésus en tant que construction historique. Comment son histoire a été racontée ? Comment les récits se sont construits et comment ils ont évolué dès les premières décennies du christianisme ?
Premiers historiographes, les évangélistes ont construit une figure historique qui existe et c'est précisément en prenant cette perspective que l'on retrouve la bonne distance entre ce qui nous est dit de Jésus et celui qu'il fut probablement. Une série de quatorze conférences qui brosse un tableau complet de cet évènement, à tout le moins, que fut l'émergence de Jésus dans son époque.
Labor et Fides, Genève, 2016, 320 pp., 21,90€
L'ouvrage de Crouzet et Le Gall a l'immense intérêt de revenir sur une période de notre histoire de France marquée par l'affrontement religieux entre catholiques et protestants. Une période largement méconnue dont les auteurs marquent à la fois les ressemblances et les profondes différences avec notre temps. Alors que la crainte d'une guerre civile se développe ils montrent à quels points les enjeux du XVIe siècle sont différents des nôtres car les guerres de religion sont alors plus une contestation interne de l'absolutisme politique et religieux qu'une remise en cause culturelle comme aujourd'hui. Catholiques et protestants en guerre partageaient néanmoins un même héritage culturel.
Un véritable antidote, tout en étant lucide sur nos réalités contemporaines, à la désespérance ambiante.
PUF, Paris, mai 2015, 104 pp., 12€
Toujours dans ce contexte d'affrontement sur une base religieuse et culturelle, l'ouvrage de Fethi Benslama permet de comprendre le fonctionnement intérieur de l'islamiste pour qui la mort n'est pas une crainte parce que la vie qu'il vit n'a de valeur qu'à la mesure de son obéissance aveugle à ce qui lui est dicté par l'appartenance à l'Oumma, réalité fantasmée dont les islamistes se revendiques.
C'est à la mesure des faiblesses, réelles ou supposées, de cette communauté des croyants, que se joue le désir de sacrifier son existence pour établir cette réalité. Puisque sa propre vie ne prend sa mesure que dans le sacrifice, la vie des autre, a fortiori des incroyants ou des faux musulmans, n'a aucun valeur, fut-ce celle des femmes et des enfants et plus largement des civils. Nous sommes alors tous des cibles, non parce que nous sommes déshumanisés mais parce que l'existence du jihadiste vaut par son sacrifice.
Connaître son adversaire de l'intérieur est nécessaire pour sortir de la sidération et réagir en connaissance de cause?
Le Seuil, Paris, mai 2016, 160 pp., 15€
Nous avions fini la saison passée sur la notion du diable, l'histoire de ses représentations et ses racines bibliques et manichéennes. La réédition du Dictionnaire du Diable de Roland Villeneuve, 1ère parution en 1998 vient nous éclairer sur l'apparition dans les cultures populaire de ce "côté obscur de la force" car il est évident que le Diable concentre l'antithèse même des attributs divins. C'est ainsi que, a contrario, se manifestent les premiers doutes quant à la réalité même de la chose. Montaigne étant l'un des premiers libres penseurs, osant doute de l'existence même du diable par sa fameuse critique de "la ligature de l'aiguillette", censée amollir les virilités. Il semble plus facile d'être indifférent à Dieu ou de douter de son existence. Car douter du diable, qui s'y risquerait ?
Omnibus, Paris, mars 2016, (1ère éd. 1998), 1088 pp., 26€
L'une des grandes forces du christianisme est d'avoir toujours critiqué de l'intérieur ses propres fondements. Les premières exégèses critiques ont été le fait de biblistes catholiques qui prétendaient démontrer que le sola scriptura des protestants n'était pas possible parce que la Bible était truffé d'erreurs, d'approximations et de contresens terminologiques. Ils entendaient ainsi réfuter la thèse de l'inspiration divine et restaurer la nécessité de l'autorité de l'Église dans l'interprétation.
Aujourd'hui que le catholicisme a renoué avec une forme de religion du livre, alant jusqu'à ritualiser à l'outrance le respect dû au texte, à la "parole d'évangile", il est sain qu'une critique interne au catholicisme renaisse. Mais il y a longtemps que les difficultés textuelles ont trouvé leur place dans la théologie. Mais l'intérêt de l'ouvrage réside surtout dans la remise en perspective des traductions catholiques fondées sur la bible latine, dite Vulgate.
Éditions Golias, Lyon, 240 pp., 16€
Pas de trace de doute dans cette "biographie historique" de Jésus menée par un prêtre pour qui, selon son propre aveu, "l'histoire est une aventure spirituelle" mais si Henri-Irénée Marrou, auteur de la citation, savait faire la part des choses entre les questions spirituelles et scientifiques, l'auteur de cette "somme" fait oeuvre apologétique, il veut prouver que si l'on ne peut parvenir au Jésus de l'histoire, il y a néanmoins pour l'auteur une vraisemblance aux récits évangéliques, avec une lecture de l'histoire où les protagonistes sont guidés par une volonté qui leur est extérieure.
Desclée de Brouwer, Paris, avril 2016, 840 pp. 22€
Bien plus argumenté et ô combien passionnant, l'ouvrage de l’exégète suisse Daniel Marguerat est aux antipodes même s'il prétend poursuivre le même objectif de "recherche du Jésus de l'histoire". Il s'agit en fait non pas tant de Jésus tel qu'il a pu exister mais de Jésus en tant que construction historique. Comment son histoire a été racontée ? Comment les récits se sont construits et comment ils ont évolué dès les premières décennies du christianisme ?
Premiers historiographes, les évangélistes ont construit une figure historique qui existe et c'est précisément en prenant cette perspective que l'on retrouve la bonne distance entre ce qui nous est dit de Jésus et celui qu'il fut probablement. Une série de quatorze conférences qui brosse un tableau complet de cet évènement, à tout le moins, que fut l'émergence de Jésus dans son époque.
Labor et Fides, Genève, 2016, 320 pp., 21,90€
Inscription à :
Articles (Atom)




































