L'Heure Musicale virtuelle du 23 décembre 2023

 23 décembre 2023

JOHANNES GUTENBERG

1400 ? - 1468

Le don du Livre


Une heure en musique...

Johannes Gutenberg (c. 1398 - 3 février 1468) est un forgeron, orfèvre, imprimeur et éditeur allemand qui a inventé la première imprimerie au monde. La presse à imprimerie de Gutenberg a révolutionné la création de livres et a contribué à les rendre abordables, inaugurant une nouvelle ère de livres et de littérature abordables.

Gutenberg est né dans la ville allemande de Mayence. Il a commencé sa vie professionnelle en tant que marchand, puis a déménagé dans le travail en tant que forgeron et orfèvre. Dans la trentaine, Gutenberg a déménagé, avec sa famille à Strasbourg.

À un moment donné, Gutenberg est devenu lourdement endetté en raison d'un échec des investissements dans des miroirs sacrés. On dit qu'il a promis à ses créanciers qu'ils pourraient avoir une part dans la nouvelle imprimerie sur laquelle il travaillait. On dit aussi que l'idée de l'imprimerie, est venue comme un flash de lumière, bien que cela ait pu être une histoire embellie - ajoutée à un jour plus tard.

Le génie de l'imprimerie de Gutenberg est qu'elle a intégré diverses technologies de différents domaines dans une manière pratique et abordable d'imprimer des livres. Avec le soutien financier d'un riche prêteur d'argent Johann Fust, Gutenberg a pu concrétiser ses idées. Sa première imprimerie en travail a été révélée vers 1450 à Strasbourg.

L'élément clé de la presse à imprimer était l'utilisation d'une impression de type mobile - des caractères en bois réglables (plus tard en métal), l'utilisation d'une encre à base d'huile et d'une presse d'impression en bois dérivée des presses à vis utilisées dans l'agriculture.

Avec la nouvelle invention, 42 lignes pourraient être imprimées à la fois, réduisant considérablement la main-d'œuvre et le coût de la création de livres (qui étaient auparavant manuscrits manuscrits). Cette presse à imprécer a rapidement été influente dans le développement de la Renaissance, de la Réforme et de l'Age des Lumières Scénaires. La nouvelle presse imprimerie a contribué à fournir un moyen économique de partager des idées et des connaissances d'une manière abordable pour les gens ordinaires.

Le livre le plus influent publié par Gutenberg est la Bible de Gutenberg en 1455. Ses presses d'imprimerie ont ensuite été utilisées pour produire en masse des Bibles, contribuant à diffuser le livre le plus influent de l'époque. La Bible de Gutenberg est acclamée pour sa haute qualité de design et de qualité. 180 exemplaires de la Bible Gutenberg originale ont été produits, principalement sur papier et certains sur vélin. Malgré le génie de son invention, Gutenberg n'a jamais été en mesure de tirer parti financièrement de son invention, mais la technologie s'est rapidement répandue à travers l'Europe - en particulier à Venise et en Italie, où l'impression a joué un rôle clé dans la Renaissance.

Gutenberg meurt en 1468 et est enterré dans une église de sa ville natale de Mayence.

Ironiquement, comme les indulgences de l'Église ont été la première chose imprimée par Gutenberg, la presse à imprimer a également été très influente dans la Réforme protestante. Martin Luther a été l'un des premiers pionniers des brochures de production de masse (plus de 300 000 exemplaires l'ont été de son vivant) et sa masse courte de ces thèses ont été essentielles pour diffuser des idées sur la Réforme.

Premiers livres imprimés...

Vers 1455-1456, c'est l'imprimerie qui joua ce rôle fondateur.

Au delà de la prouesse technique que représentait la machine elle-même, elle s'imposa comme un extraordinaire amplificateur, un multiplicateur de force et d'impact que les États et les puissants ne manquèrent pas de se réapproprier.

C'est tout un environnement technique extrêmement dynamique qui permit cette avancée : en effet, la machine elle-même ne peut s'expliquer sans un environnement mûr pour la générer, un faisceau complexe de techniques maîtrisées depuis longtemps qui purent être associées et combinées.

La métallurgie, pratiquée depuis des temps immémoriaux dans le massif du Harz et de l'Erzgebirge, dans les Vosges et la Forêt-Noire, permit de maîtriser la technique de fabrication des caractères métalliques mobiles. On observe, à la même époque, des progrès importants dans la fabrication et la disponibilité du papier.

Les progrès de l’hydraulique et de la mécanique accompagnèrent ces évolutions et contribuèrent dans une multitude de villes et de principautés germaniques à créer un climat politique où une bourgeoisie artisanale et entrepreneuriale put gagner en assurance et s'affirmer vis-à-vis des élites traditionnelles. Le père de Martin Luther était lui-même l'un de ces entrepreneurs proto-industriels enrichis par l'activité minière.

L’imprimerie esquisse les grands traits d'une révolution technologique et industrielle que les machines textiles exprimeront pleinement deux siècles et demi plus tard, en Angleterre.

Les lieux d’où sont issus ces élans ne sont pas anodins : la Silicon valley et au-delà, toute la côte ouest des États-Unis offraient à la fin du XXe siècle toutes les conditions d'un bond à l'instar du bassin rhénan cinq cents ans plus tôt. On observe actuellement un phénomène similaire en Asie, au Japon, en Corée du Sud, à Taiwan.

La base technologique étant solidement constituée, l’expertise et la créativité suffisamment indépendantes pour permettre les progrès et les perfectionnements qui ont ponctué toute la période, le décollage pouvait avoir lieu…

Le bassin rhénan fut aux premières loges de cette extraordinaire percée technologique, qui devait être suivie bien vite par une révolution intellectuelle, à laquelle l'Alsace, Bade et la Suisse participèrent intensément.

L'Italie du nord jusqu'à Rome, Paris, les grandes capitales européennes ainsi que quelques villes d'Europe centrale comme Prague et Cracovie s'affirmèrent comme autant de centres de création, de réflexion, d'assimilation et de redistribution des savoirs et des idées, à la manière de véritables hub.

Très vite, le berceau rhénan laissa se diffuser les secrets technologiques de la presse mécanique. Dès 1480, en Allemagne, mais aussi en France et en Italie, plus d’une centaine d’ateliers fonctionnait à plein régime.

La progression fut foudroyante… et irréversible : à la fin du XVe siècle, presque 300 villes étaient dotées d'ateliers d’imprimerie. À ce moment, près de vingt millions de livres auraient déjà été imprimés !

La phase initiale, pionnière, épique, celle de l'étonnement et des espoirs, voire de la sidération devant le potentiel dégagé par l'invention, ne dura pas très longtemps : très vite, on passa à l'action et à l'expérimentation mais aussi à la récupération de son extraordinaire potentiel par les pouvoirs politiques, économiques et spirituels traditionnels.

Les imprimeurs étaient alors les aristocrates de l’artisanat : auréolés d’un grand prestige, admirés par les petites mains, respectés par les intellectuels : sans eux, en effet, pas de République des Lettres...

La qualité des matériaux, de l’encre, la fidélité à l’original manuscrit, le nombre de coquilles, les calendrier des éditions, le rythme des rééditions constituaient des sources de grand souci et de stress pour les auteurs. La contribution exceptionnelle des imprimeurs au grand œuvre humaniste ne fait aucun doute lorsqu’on se rappelle que Gutenberg fut lui-même un imprimeur, que sa Bible en langue latine posa le paradigme, le mètre-étalon à partir duquel l’élan humaniste pouvait s’exprimer pleinement.

Le bassin du Rhin montre une densité exceptionnelle de ces inventeurs/entrepreneurs de la première heure. Outre Gutenberg, Johannes Mentel et Heinrich Eggestein, de Rosheim en Alsace, Peter Schöffer, de Mayence, prolongèrent et perfectionnèrent les nouvelles techniques.

Froben à Bâle, Mathias Schürer à Strasbourg, Alde Manuce à Venise ou encore Denis Roce et Jean Petit à Paris... autant d'imprimeurs dont les marques se retrouvent sur de nombreux ouvrages conservés à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat.

es hommes adroits, inventifs mais aussi érudits, furent parmi les premiers humanistes dont ils partageaient d'ailleurs les vues : voyageant entre Bamberg, Mayence, Strasbourg et Bâle, en relation avec tout un réseau d’artisans métallurgistes, de marchands de papier (comme Anton Galliciani à Bâle), ils constituaient le socle sur lequel la pensée humaniste put aisément s'inscrire et se diffuser. Cette mobilité infatigable des imprimeurs d'origine rhénane permit une diffusion très rapide de l'imprimerie.

L'Alsace ne furent pas en reste : Strasbourg fut l'une des premières villes européennes à disposer d'une imprimerie, dès 1458, précédant de peu Haguenau, où s'établit Heinrich Gran.

Ces hommes étaient des techniciens avant d'être des intellectuels, bien qu'aucune limite n'empêchait alors d'être à la fois l'un et l'autre. Mentelin et Eggestein étaient calligraphes, copistes, clercs ou laïcs. Schöffer avait étudié à la Sorbonne.

Le printemps humaniste vit plus d'un profil hybride, des hommes aux compétences très variées, trouver une place et l'opportunité d'exprimer leurs talents.

Grâce à des personnalités exceptionnelles comme Mentel, Eggestein et Gran, la précocité de la conversion du versant alsacien du Rhin à l'imprimerie permit l'émergence d'un groupe conséquent d'imprimeurs majeurs, très influents au début du XVIe siècle, tels Knobloch à Strasbourg, Schott qui s'établit un temps à Freiburg, Grüninger et Farckall à Colmar, Schürer à Sélestat, Schirenbrand à Mulhouse... À Strasbourg, Johannes Mentel imprima la première Bible en langue allemande.

Ces ouvrages furent, toutes proportions gardées, de véritables best sellers stimulant curiosité, réflexion et critique.

La Bible suivante fut celle de Luther.

Avec un développement si rapide du nombre des presses, on pouvait s’attendre à une diffusion des livres tout aussi spectaculaire et par conséquent un élargissement de l’accès à leurs contenus jamais vu auparavant.

C'est ce qui arriva : la révolution ne fut pas tant technique - le livre était en circulation bien avant le XVe siècle et sa circulation, bien que très restreinte, n'était pas nulle - que culturelle.

C'est le nombre et la variété des ouvrages qui fit la différence à partir des années 1500 : on dit qu'Érasme avait vendu près de 750 000 ouvrages au moment de sa mort ! Nul autre que lui d'ailleurs, n’illustre mieux ce va-et-vient dans un sillon rhénan qu’il contribua à creuser et à élargir.

La greffe de la Réforme n’aurait jamais pu prendre sans l’imprimerie : de ville en ville, depuis Wittenberg, près de 300 000 copies des pamphlets de Luther s’étaient diffusés en moins de deux ans après la publication de ses 95 Thèses, en 1517. Pour l'époque, il s'agit d'une quasi-instantanéité impossible à stopper. On pense à la mise en ligne actuelle, qui ne fait que prolonger la même logique.

Après la maîtrise de la base technique, dès 1460, l’accessibilité des livres est encore favorisée par la baisse des coûts et des prix et explique leur diffusion exponentielle.

Toute une génération d’hommes, et quelques femmes, de moins en moins illettrés, avide de lectures et de réflexion, se jeta sur les œuvres disponibles. Si l'offre était devenue considérable, la demande ne l'était pas moins.

Les Bibles représentaient le gros de la première génération de livres, celle des incunables, dans la continuité des manuscrits de la génération précédente : bibles en langue latine, bibles en allemand, Nouveaux Testaments traduits en grecs… Les domaines couverts par le livre imprimé s'élargissent cependant très vite aux poèmes, commentaires satiriques, médecine, sciences naturelles, architecture, études politiques, Histoire, réédition de livres antiques…

Après 1492 et les premiers voyages transatlantiques modernes, les livres de géographie et les cartes font leur entrée triomphale dans ce nouveau panthéon et font l'objet d'une véritable mode. 

Matthieu Denni 


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